Le chèque devait mourir en 2012. Où en est-il vraiment ?

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Le déclin du chèque en France selon la Banque de France : moins 66 pour cent entre 2013 et 2023, 2 pour cent des paiements scripturaux en 2024, mais un chèque resté gratuit contrairement à la prédiction de 2012

Transparence : ce site est rémunéré par Veritas, partenaire commercial. Cet article a été entièrement réécrit : sa version de 2012 prédisait la fin du chèque gratuit sous la pression du « lobby bancaire » et citait notre partenaire dans une liste de cartes recommandées. La prédiction centrale ne s'est pas réalisée, et la liste a été remplacée par les faits documentés.

En 2012, nous commentions le rapport Pauget-Constans sur l'avenir des moyens de paiement — que nous écorchions d'ailleurs en « Cauger-constant » — et nous prédisions deux choses : la fin du chèque gratuit, et son remplacement par la carte prépayée. Quatorze ans après, le bilan est instructif : le chèque meurt bel et bien, mais pas comme nous l'avions annoncé.

Ce qui s'est réalisé : l'effondrement de l'usage

Les chiffres officiels de la Banque de France sont sans appel. Le nombre de paiements par chèque a chuté de 66 % entre 2013 et 2023, année où il est passé pour la première fois sous les 3 % des paiements scripturaux (2,8 %). En 2024, la chute continue : 2 % des paiements hors espèces, un volume en baisse de 12 % sur un an et des montants en recul de 16 %.

Le paradoxe français demeure : avec 784 millions de chèques émis en 2024 (392 milliards d'euros, soit environ onze chèques par personne et par an), la France concentre encore 87 % des chèques échangés dans l'Union européenne. Le dinosaure agonise, mais c'est chez nous qu'il agonise.

Ce qui ne s'est pas réalisé : le chèque payant

Notre prédiction centrale — « le glas a sonné pour la gratuité du chèque », « les banques sont bien décidées à faire payer le chèque » — était fausse. Quatorze ans plus tard, le chèque reste très généralement gratuit pour le particulier. Ce n'est pas la tarification qui l'a tué : c'est l'usage. Le virement — notamment instantané, devenu gratuit dans l'Union —, la carte et le paiement mobile ont simplement rendu le carnet de chèques inutile dans la vie courante.

Nous retirons au passage l'explication par le « lobby bancaire » : c'était une lecture d'humeur, pas un fait sourcé.

Et la carte prépayée dans tout ça ?

Sur ce point, notre article visait juste, avec les mots de l'époque : les cartes rechargeables permettant « de recevoir et d'envoyer de l'argent sans l'ouverture d'un compte bancaire » ont bien pris une partie du terrain perdu par le chèque. Ce qui était une curiosité en 2012 — un compte à RIB adossé à une carte — est devenu un standard : virements entrants et sortants, prélèvements, IBAN personnel. C'est documenté jusque chez notre partenaire (« RIB et IBAN dédiés inclus »), et c'est vrai de nombreuses offres du marché.

En revanche, la mise en garde de 2012 sur les frais des cartes vendues au tabac (frais mensuels, frais d'inactivité) reste d'actualité — c'est toujours la première ligne à vérifier avant d'acheter.

Une note historique, enfin : notre allusion au projet Monnet — cette tentative avortée de créer une marque de carte européenne face à Visa et Mastercard — était exacte, le projet a bien été abandonné en 2012. L'idée d'une souveraineté européenne des paiements, elle, n'a pas disparu : elle a resurgi des années plus tard sous la forme du portefeuille Wero.

Faut-il encore un chéquier en 2026 ?

Pour la plupart des usages, non : loyers par virement permanent, achats par carte, remboursements entre proches par virement instantané. Les cas résiduels (certaines cautions, quelques administrations ou associations) s'amenuisent chaque année. Si vous cherchez à vous passer à la fois du chéquier et du compte classique, notre comparatif recense les offres avec IBAN.

Sources : Banque de France, cartographie des moyens de paiement (bulletins 2024 et 2025 : −66 % de paiements par chèque entre 2013 et 2023, 2,8 % des paiements scripturaux en 2023, 2 % en 2024, −12 % en volume) ; Comité national des moyens de paiement, étude sur le chèque 2023-2024 (784 millions de chèques, 392 Md€, 87 % des chèques de l'UE) ; rapport Pauget-Constans sur l'avenir des moyens de paiement (2011) ; cardveritas.com, pages « Carte prépayée » et « Tarifs », consultées en français et en anglais le 20 août 2026.

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