Transparence : ce site est rémunéré par Veritas, partenaire commercial. Cet article a été entièrement réécrit : sa version de 2019 expliquait que l'identité du porteur « ne sera pas vérifiée », qu'aucun justificatif n'était nécessaire, et renvoyait vers « un correspondant qui fait les choses en toute discrétion ». C'était déjà faux à l'époque, et cela décrivait un contournement des obligations d'identification. Nous l'avons supprimé.
L'état du droit, sans détour
La 5e directive anti-blanchiment (2018/843) a refermé l'anonymat des cartes prépayées dans toute l'Union européenne :
- au-delà de 150 € de monnaie électronique chargée, l'identité du porteur doit être vérifiée (et un dossier incomplet peut bloquer le compte) ;
- pour un paiement à distance (en ligne), le seuil tombe à 50 € ;
- une carte prépayée émise hors Union n'est plus acceptée si l'émetteur n'applique pas des règles équivalentes.
Autrement dit : la carte « anonyme » telle que la décrivait notre article de 2019 — sans pièce d'identité, sans justificatif, utilisable normalement — n'existe plus.
Ce qui reste réellement possible
Ce n'est pas rien, mais c'est précis : une carte non rechargeable, chargée d'un montant inférieur à 150 €, achetée en commerce et utilisée en paiement de proximité. Pas de compte, pas de dossier, pas de RIB.
Ses usages légitimes sont réels : un cadeau, un budget fermé, un achat en ligne où l'on ne veut pas exposer sa vraie carte (dans la limite des 50 € à distance). Ses limites le sont tout autant : montant faible, non rechargeable, pas de retrait dans bien des cas, aucune récupération possible en cas de perte, et refus fréquent des automates.
Au-delà, tout passe par une identification complète. C'est le prix d'une carte réellement utilisable.
Trois affirmations de notre version d'origine que nous retirons
« L'identité du futur porteur ne sera pas vérifiée. » Faux depuis 2018. Nous l'avons supprimé plutôt que reformulé.
« Faire appel à un spécialiste sur le web… un correspondant qui fait les choses en toute discrétion. » Supprimé également. Une offre qui met en avant l'absence de vérification d'identité ne contourne pas une formalité : elle contourne une obligation légale. Dans le meilleur des cas, elle n'est pas conforme ; dans le pire, c'est une escroquerie qui encaisse et ne livre rien. Une offre « sans justificatif » n'est pas une bonne affaire, c'est un signal d'alerte.
« Cela est interdit par la législation », à propos des comptes sans banque distribués par les établissements traditionnels. La phrase n'avait pas de sens : les comptes de paiement sans banque sont parfaitement légaux et encadrés. Supprimée.
Anonymat, discrétion, confidentialité : trois choses différentes
C'est la distinction qui manquait à notre article, et elle règle la plupart des malentendus.
L'anonymat vis-à-vis de l'émetteur n'existe pratiquement plus, on vient de le voir.
La discrétion vis-à-vis des tiers, elle, est parfaitement légitime et accessible : payer sans exposer le numéro de votre carte principale, cloisonner un budget, éviter qu'un marchand ne conserve vos coordonnées bancaires. C'est le vrai bénéfice d'une carte prépayée, et il n'exige aucun anonymat.
L'opacité vis-à-vis de l'administration, en revanche, n'est pas au menu : dès qu'une carte prépayée dispose d'un RIB/IBAN, le compte de paiement est déclaré au FICOBA, comme tout compte ouvert en France (voir carte prépayée, FICOBA et FICP). Et un compte détenu à l'étranger reste soumis à l'obligation déclarative (formulaire 3916).
Ce que demande une carte nominative, concrètement
Une pièce d'identité et un justificatif de domicile, transmis en ligne. C'est le socle commun du marché. Chez Veritas, la documentation officielle indique que la souscription suppose « la fourniture de certaines pièces justificatives, comme une preuve d'identité et une preuve de résidence », et que l'accès à l'offre est réservé aux personnes majeures.
En échange, vous obtenez ce qu'une carte anonyme ne donne pas : des plafonds utilisables — chez Veritas, de 150 € par an sur la formule d'entrée à 240 000 € par an sur la formule la plus haute, selon la grille publiée —, un RIB, et la possibilité de faire opposition et d'être remboursé en cas de fraude.
C'est le vrai arbitrage : anonymat contre utilité. Il n'y a pas de troisième voie.
Voir notre comparatif, notre guide bien choisir sa carte rechargeable et notre article sur les cartes prépayées, l'anonymat et le fisc.
Sources : directive (UE) 2018/843 (seuils de 150 € et 50 €, cartes émises hors Union) ; impots.gouv.fr / DGFiP (FICOBA, formulaire 3916) ; cardveritas.com, pages « Carte prépayée » et « Tarifs », consultées en français et en anglais le 14 août 2026 (justificatifs exigés, réserve aux personnes majeures, plafonds par formule).